Fred Quillet
N’en déplaisent aux socialistes qui, à en croire les écologistes, voudraient continuer à regarder de haut leurs ex-vassaux. «Le PS n’a pas le monopole à gauche», tonne Bové qui dit voir trembler «les états majors»: «la droite nous tape dessus» et certains socialistes ont critiqué la diffusion d’Ushuaia Nature, à la veille du premier tour, redoutant un effet «Home». «Quand on en arrive à attaquer Ushuaia, ce pamphlet gauchiste et écologiste, on en est au degré zéro de la politique», s'énerve Bové.
Daniel Cohn-Bendit – auquel le public offre une deuxième standing ovation après avoir acclamé Stéphane Hessel, symbolique dernier de liste à Paris – met en garde, lui aussi, ses «amis» de Solférino: toper là avec Europe Ecologie n’a rien d’un luxe. «Sans nous les socialistes ne gagnent aucune région.» Alors que les écologistes nourrissent des espoirs, surtout en Alsace et Rhône-Alpes, le co-président du groupe Verts au Parlement européen ajoute: «Humblement je le reconnais. Sans les socialistes nous ne gagnons aucune région!»
Il veut en finir avec la «culture hégémonique», théorise l'«alternative dans l’alternance» et veut corriger le vœu de «grand chelem» et de «carte toute rose» de Martine Aubry. «Personne ne pourra parler de vague rose mais de vague des socialistes et des écologistes. Ce sera un nouveau partenariat à gauche où il y a une reconnaissance mutuelle.» Sans attendre le score de dimanche, Cohn-Bendit voit «une partie du pari gagnée»: «on est déjà une force incontournable.»