On a beau dire, on a beau faire, la disparition de Mano Solo n'est pas facile à admettre. Trop d'émotions en peu de temps (Haïti, Mano solo....et plein d'autres choses). Il est des hivers qu'on aura envie d'oublier rapidement. Ce sont ces genres de moments qui nous font fermer les yeux et demander intérieurement à je ne sais pas qui "vite, remontons le temps et changeons les choses". Perdre un être cher est toujours un instant délicat dans sa vie. Je me méfie de ceux dont la mort laisse indifférent....même en façade. La fameuse "décence " qui consiste à prendre du recul sur les événements douloureux, et bien... je m'assoie dessus ! J'ai envie de dire que je ne me fais pas de la disparition des miens. J'ai envie qu'on sache que je ne me fais pas de la perte ces gens qui font partie de nos vies quotidiennes: amis, parents, voisins... C'est la première fois que je suis autant touché par la disparition d'un artiste. Au delà de ma passion artistique envers Mano Solo, j'avais un profond respect pour l'homme dont le positionnement philosophique est un exemple pour moi. J'entends tellement de gens qui me disent "il faut penser à toi avant de penser aux autres"....J'entends tellement de gens qui me donnent des leçons de "savoir-vivre" politique en jugeant mes attitudes cavalières et dangereuses. Mano Solo était de ces types dont le combat entre la raison et la passion intérieur était un match à "cœur ouvert". Il n'hésitait pas à laisser montrer ses émotions.....à partager ses joies et ses peines....est-ce cela que la société et les "bien pensants" jacobins et psychorigides" définissent comme être un "écorché vif"? "Écorché vif'....Comme j'ai horreur de cette expression...elle est si brutale et irrespectueuse vis à vis de la personne visée. comme je déteste ces "cartésiens de la vie"...persuadés d'avoir raison en tout et capables de donner des leçons sur tout... Ceux qui ne se remettent jamais en cause...ceux qui vous prennent pour un imbécile en tout. Je n'aime pas maudire....mais j'avoue que ca m'arrive de plus en plus...et ça m'inquiète. Ce soir j'ai animé une émission en hommage à Mano Solo et je n'ai pas peur que dire que j'aimais cette personne et qui je reste inconsolable sur sa disparition. Nous partagions tellement de combat et il m'apportait une force de vivre dans ses textes à un tel point que ce vide qu'il laisse dans ma vie culturelle s'apparente à un gouffre . Ca parait vachement égoïste, mais c'est ce que je ressens et au diable le ridicule ! Je m'en balance.
Fred Quillet
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